Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 21:15

Dans la famille Avida Dollars, je voudrais... le fils !

 

dali L'art qui devait nous aider à mieux voir ne fait décidément plus que se montrer....

Tel est l'amer constat que pourra faire le visiteur qui, sortant du Grand Palais à l'occasion de la Monumenta 2012 accordée à Daniel Buren, cherche encore ce qu'auraient imperceptiblement modifié en lui ces soucoupes bêtement translucides de l'artiste. Celui qui fit scandale en 1986 au Palais Royal est devenu tristement banal à la Monumenta en 2012. Rien ne se passe plus. L'art in situ d'hier fait du sur place aujourd'hui. Come back sur un vide rempli de lui même et qui se prétend "Excentrique"...

En faisant surgir de terre au Grand Palais ses « outils visuels » à rayures noires et blanches destinés à rendre son acuité perdue au regard bourgeois d'antan, Daniel Buren fit grand bruit en expliquant jadis avec ses amis que « l'art est illusion de dépaysement, illusion de liberté, illusion de sacré... Mais pas la peinture de Buren, Mosset, Parmentier, Toroni (…). L'art est distraction, l'art est faux, la peinture commence avec Buren, Mosset, Parmentier, Toroni » le tout répété en boucle sur un magneto lors d'une exposition, et diffusé sur fond de photos provocatrices mêlant le pape et des jeunes filles en slips. Ne croyant pas si bien dire, la marque BMPT était lancée sur la marché de l'art... Son credo : dénoncer les institutions du pouvoir qui, sous prétexte de conserver l'art, le met en conserve pour mieux le distribuer au public comme on livre sa ration de fourrage au troupeau en batterie. Voilà en substance le thème du texte fondateur « fonction du musée » de Daniel Buren.

C'était bien vu : si l'art c'est la vie (poncif des années 68), alors les murs du musée sont bien les planches de son cercueil dans lesquelles il est urgent de faire des trous (ou des rayures) pour laisser passer enfin l'air et la lumière. Et Daniel Buren de se retrouver ipso facto qualifié d' « artiste anticapitaliste » par le "Dictionnaire des artistes contemporains Larousse" !

Mais voilà... Voilà que la gomme du temps a dû effacer le mordant des rayures d'antan, et le ventre plat des lignes droites a pris un embonpoint bonhomme et familier avec le musée qui l'accueille. Hier dénonciateur politique, le voilà maintenant gentil collaborateur institutionnel à montrer le rien décoratif qu'il est devenu. L'injonction paradoxale de l'art contemporain a ainsi accompli à nouveau sa malédiction : toute liberté artistique devra se renverser en aliénation sitôt que le marché en offre un prix. C'est fait.

 Comme le montre l'exposition de la Monumenta 2012, l'art de Buren est à son tour devenu faux, distractif, cruelle illusion de dépaysement et de sacré, l'art de Buren est devenu son époque : un business egotrip un peu trop voyant pour ne pas dire vulgaire, et qui, telle la chanson « Les bourgeois » du regretté J. Brel, se joue encore tous les soirs « ....chez la grosse Adrienne de Montalent.... » au Grand Palais !

Mais le cas Buren est-il si anecdotique ? Et si son parcours artistiquement affligeant n'était que le reflet de cette révolution conservatrice qui porte la France depuis que cette gauche bobio « un tiers mondain un tiers mondiste » façon B. Kouchner, trône aux pouvoirs sous diverses formes ? La question est sérieuse et mérite d'être posée, en écho au spectacle de cette assomption du kitsch à quoi semble se résumer la scène artistique parisienne.

Alors on se souvient que Salavador Dali s'amusait déjà de la sacralisation de son personnage par la finance, et s'auto-parodiait lui-même dans son confort financier. Il avait ainsi forgé lui-même l'anagramme de son propre nom censé révéler sa nature profonde : Avida Dollars !

Daniel Buren lui, ne se donne même pas cette peine. Faut dire qu'un des anagrammes de Daniel Buren donne...: l'abus de rien.. ; et comme chacun sait, l'abus de rien nuit gravement à la société !

Jacques Brel : les bourgeois c'est comme le cochons....

 


Par Roberto Zucco - Publié dans : Chroniques du purgatoire politique - Ecrire un commentaire - Communauté : les cafards associés
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 16:24

              Ainsi parlait le dernier homme

"Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles"

Paul Valéry La crise de l'esprit - 1919


ouroboros--tintin C'est un banquier qui l'avoue : « Aujourd'hui lorsqu'on demande à des étudiants - qu'elle est la finalité de l'entreprise ? - La réponse est unanime – Faire du profit ! - Pas un pour répondre fabriquer des avions, des ordinateurs, apporter des services » s'étonne Philippe Brassac Secrétaire général du Crédit Agricole...

C'est presque touchant de voir un banquier vaciller dans son vide comptable. Le jour est-il venu alors où l'idole reconnaît que la sacralisation dont son activité était l'objet, est en passe d'affaiblir sa propre position et par extension la société tout entière ?..

Comme si une société pouvait culturellement se perpétuer dans le culte exclusif de l'argent et du pouvoir !

Comme si une société pouvait économiquement se maintenir dans le seul souci de faire de la marge.... !

Et chacun de réaliser - enfin - comment la vie capitaliste n'est qu'un enfer pour ceux qui n'ont plus d'autre désir que cette vie là ; qu'une société sans au-delà dans lequel se projeter, sans autre chose que de l'égoïsme à distribuer aux siens, est une société qui s'anéantit en se refermant sur elle-même.

Quoique l'on dise pour dissimuler ce repliement sur soi, qu'on l'appelle mondialisation ou globalisation, la prescription phynancière des Docteurs Folamour du Fond Monétaire International ne permet plus de cacher au monde entier qu'il s'agit en fait de la plus folle uniformisation de l'espèce humaine qui n'ait jamais été tentée : l'uniformisation bancaire de l'espèce humaine !

En s'accomplissant au quotidien selon la prophétie de l'Ouroboros antique (oros en Grec le serpent qui se mordant ainsi la queue symbolise le cycle sans fin du matériel épuisant la vie), la pulsion de mort du totalitarisme bancaire serait en train de s'avaler lui-même et de digérer lentement rien moins que notre conception de la vie. Tout en révélant à tous, mais trop tard, le grand secret : l'argent seul ne vaut rien et sa puissance détruit tout....

Ainsi parlait le dernier homme : tel l'ouvrier qui se suicide lorsqu'il découvre qu'il n'a fait que travailler pour acheter la voiture qui lui permettait d'aller travailler, le capitaliste meurt de ne produire plus que de la marge en se désintéressant des conditions sociales et culturelles de sa production.

 

 

Par Roberto Zucco - Publié dans : Chroniques du purgatoire politique - Ecrire un commentaire - Communauté : Ricanons
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 16:40

"Vous reprendrez bien un peu d'oeil de journaliste ?"

0104-singe-televisionLe 16 Août 1871, au marché d' un village de Dordogne, Alain de Moneys, 28 ans, aristocrate bien né et conseiller municipal, est violemment pris à partie par une foule déchainée ; le cousin de ce dernier aurait tenu des propos Républicains mettant en cause l'empereur et le repli de l'armée Française face à la Prusse. Démentant seul face à tous ces accusations contre son cousin, Alain de Moneys, est d'abord molesté collectivement puis, l'hystérie se propageant comme une mèche allumée, il sera lynché en place publique de Hautefaye. Le maire du village alerté et consterné par la colère aveugle de ses administrés, à la question ; « Qu'est-ce qu'on fait de ce traitre ? » répondra de dépit : « Faites en ce que vous voulez ! Mangez le même si vous voulez !... ». Chose incroyable, tout le village dans sa folie, prit au mot la parole du Maire et entreprit de faire cuire et de manger l'infortuné, mais après avoir bien pris soin préalablement de lui ferrer les pieds comme un cheval et beaucoup d'autres tortures raffinées que le livre de Jean Teulé raconte dans le détail. Bien que tout le village ait participé, seuls quelques uns des criminels seront jugés bien des années plus tard....

 *

A la fin du mois de Mai 1871, un groupe de communards vaincus est exposé à la foule par les Versaillais en armes. Cela se passe sur les Grands Boulevards prés de l'Opéra. La foule des bourgeois énervés se masse alors contre les mutins. La peur d'hier transformée en colère collective, se soulage en partie dans l'invective. Puis, le geste rejoignant comme toujours la parole, des femmes pourtant très bien mises mais hors d'elles-mêmes, retirèrent les épingles de leurs chignons pour les enfoncer dans les yeux des pétroleuses sous les hourras de la foule en délire.

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Ce plaisir pris à la violence collective n'est-il qu'un accident ou bien une tendance archaïque profonde, enfouie dans la partie bestiale du cerveau humain et qui ne demande qu'à ressurgir sitôt que les conditions sont réunies ?

Hélas ces scènes de meurtres collectifs, couverts ensuite par la hiérarchie de l'Etat, marquent régulièrement l'histoire Française qui n'en tire aucune leçon.

Après les femmes tondues de la Libération, la rafle du Vel' d'Hiv et ses 4500 enfants faits prisonniers, encouragée en cela par la paternelle bénédiction de Philippe Pétain, le pogrom des Algériens pacifistes dans la nuit du 17 Octobre 1961, bastonnées puis jetés en sang à la Seine par la Police Française de Maurice Papon (condamné par la Justice cinquante après et libéré de prison grâce à la loi B. Kouchner en 2002), la liste est longue de ces violences collectives qui sont loin d'être l'apanage des classes laborieuses et syndicalistes comme aimerait pourtant à le faire croire un certain Président qui manie la parole comme un marteau de boucher...

 *

Ainsi Marine Turchi, journaliste de Mediapart identifiée dans la foule par son badge de presse, s'est retrouvée insultée et bousculée le 1er Mai 2012, place du Trocadéro, pendant le meeting de Nicolas Sarkozy dont les propos punitifs envers tous ceux qui ne pensent pas comme lui constituent le fond de boutique habituel. On imagine mal pourtant cette foule de droite, en famille, un peu catho, un peu commerçante, un peu flic, un petit peu profs et beaucoup professions libérales dans business quelconques, exaltant par ailleurs si souvent cet ordre et cette autorité qu'ils contestent volontiers aux familles musulmanes et africaines, en train de déguster les fruits malsains du lynchage collectif. Et pourtant...

 *

Toujours lors d'un meeting du même Président, la journaliste de BFM Ruth Elkrief que nul ne peut suspecter d'être de gauche, s'est retrouvée dans une situation identique, recevant insultes quolibets et bouteilles d'eau lancés par une foule de gens riches, bien insérés socialement, et qui, à première vue, ne portait pas la casquette à l'envers ! Cela mérite d'être vu ;

http://teleobs.nouvelobs.com/articles/ruth-elkrief-bfmtv-prise-a-partie-par-des-militants-ump.

Une autre fois c'était Mélenchon qui insultait les journalistes de canal + les traitant de « fachos ». Un peu plus tôt les mêmes s'étaient faits copieusement conspuer une fois de plus par des militants UMP lors d'un autre meeting de Sarkozy, lequel, tel le joueur de flute de Hamelin dans la légende Allemande, hypnotise les rats du village pour les amener où il veut.

Voilà donc un bien triste visage de la France grimaçante des « gens bien » qui n'est pas très joli à voir ;  http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/Des-journalistes-agresses-au-meeting-de-Nicolas-Sarkozy-507750/?from=headlines

*

Bien entendu, tout le monde le ressent, la France est un pays à bout ! Un pays qui bout dont l'ébullition est portée à son comble par un président inculte et opportuniste au point de faire sauter tous les verrous de la décence élémentaire. Dans ce contexte le milieu journalistique est plus que jamais exposé dans son travail qui est rendu d'autant plus compliqué par l'auto-censure imposée, que sont fortes les pressions politiques ; la ronde du Cercle partisan des éditocrates, l'endogamie et le conflit d'intérêt, sans rien dire de l'écart sans limite des salaires qui expose cette profession à la tyrannie de la vindicte populaire.. Voilà tout le malaise malheureusement renforcé par la Lâcheté organisée d'un milieu caricaturé en trois "L" par le journaliste J.F Khan  : L-ècher, L-âcher puis L-yncher.... Sauf que la violence du milieu se retourne maintenant contre ses propres auteurs et pire : il devient un mode de fonctionnement social.

*

Mais vouloir à ce point bouffer du journaliste, crever les yeux de ceux qui veulent savoir et ainsi amputer la société de la liberté de contrôler sa liberté et sa justice, n'est-ce pas une auto-mutilation politique qui en dit long sur la maladie Française ?

Pour être encore plus pédagogique, illustrons cela par une vidéo volée d'un Français un peu UMP et probablement FN (d'après nos sondages) parlant politique dans son canapé ...


 

http://www.youtube.com/watch?v=YDr6qmairlQ

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Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 12:30

816700 Depuis la présidence de J. Chirac force est de constater l'abaissement du niveau culturel des représentants de la Nation qui, c'est un comble, ne se soucient même plus de dissimuler l'immensité de leur ignorance. Tragédie culturelle normale désormais et qui, hélas, ne risque pas d'être démentie dans le futur....

 Hasard ou symptôme, la représentation politique du peuple semble désormais passer par la négation de sa mémoire, au risque d'engendrer une société anémique dont on s'étonne ensuite que les générations soient dépourvues de tout sens de l'autorité ! Sans culture, sans défi, sans symboles sinon la seule valeur commune de l'argent et de sa gestion comptable qui obsède le discours politique contemporain (imposé comme unique modèle à nos enfants), peut-on encore sérieusement songer à un quelconque vivre ensemble ?

Qui saura parler de ce que peut-être encore la culture au XXIéme siècle, dans un monde dévasté par le lucre et les carrières personnelles ?

Voici un texte de l'Académicienne Danielle Sallenave qui pose en quelques mots toute l'ampleur de notre délaissement culturel.

 

"Où donc est-il ce rêve, que nous avons fait, d'une vie libre dans un espace harmonieux (...) Tandis que nous rêvions, que nous nous en nourrissions, un autre monde est né, un nouvel ordre est en train de s'établir ; un nouvel habitat de l'homme ; une nouvelle façon de vivre ensemble, de penser, de se distraire, dont les livres ne sont plus le centre (...) Comment les livres trouveraient-ils encore un monde dans le monde des villes où disparait peu à peu le rêve d'émancipation qui leur avait donné naissance ? Que restera-t-il bientôt pour eux dans un univers où la poursuite du bonheur est devenue le rêve commun, quoique inégalement couronné de succès, d'une société en proie à la loi triplement féroce de l'argent, du profit et de la consommation ? "

 

Danielle Sallenave - Le don des morts


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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 18:14

Mort à crédit de la 5ème République

 

 

images-copie-2 Entre le 21 Avril 2002 et le 26 Avril 2012 le nombre d'électeurs F.N revendiquant une politique de ségrégation et de persécution des plus faibles, est passé de 5 000 000 à... 6 500 000 voix. En dix années de vie politique française les idées fascistes ont donc globalement gagné 1,5 millions de partisans ! Que s'est-il donc passé pour qu'en 10 ans tout continue comme avant, mais en pire ? Une hypothèse parmi d'autres : tout simplement rien...

Passé le temps des pleurnicheries collectives sur la montée du F.N entre les deux tours des élections de 2002, la France des droits de l'homme et de l'égoïsme universel, a eu très vite fait de retrouver sa drogue qui dure : culte pétainiste du chef à droite comme à gauche, rires & chansons pour tous, et le chacun pour soi comme unique morale.

Les riches continuent à bien crever l'écran que les pauvres lèchent comme on leur a bien appris à le faire : « il y a aujourd'hui 44 exilés français pour un patrimoine total de 36,5 milliards de francs suisses, soit un peu moins de 30 milliards d'euros. Il y a dix ans, on en comptait dix-sept. Et sur ces quarante-quatre, on compte treize milliardaires en francs suisses». (Mediapart).

D'après L'observatoire des inégalités, si en 1996 il suffisait de 14 millions d'Euros pour entrer dans le classement des 10 plus grandes fortunes de France, il faut en 2011 la bagatelle de 60 Millions d'€ pour y prétendre... Donc sur 15 ans les grandes fortunes ont crû 6 fois plus que la moyenne de l'économie du pays ou que ses rémunérations les plus basses !!! (magazine Challenge du 8 Juillet 2011).

Pendant ce temps la dette publique du pays explosait à 1 600 milliards d'€ au moment même où une politique de baisse des impôts sans précédent achevait de ruiner les caisses de l'Etat qu'il fallait d'abord vider pour intimider la conscience politique du pays (lire cet article de http://www.challenges.fr/elections-2012/20120403.CHA4942/pourquoi-nicolas-sarkozy-a-ete-le-president-des-rentiers.html). Et on restera pudique sur l'écroulement de la balance commerciale Française qui ne fait que prouver qu'en dehors des fortunes personnelles la France ne produit guère de richesses trés enviables pour l'étranger, sinon la multiplication de ses rentiers...

Dans ce cas comment s'étonner encore de la montée haineuse de l'égoïsme et du chacun chez soi dans une France réduite à la vie domestique faute de vie politique ?

Certains banaliseront, d'autres nuanceront, mais à la violence des chiffres de l'économie ne peut que répondre la violence élective d'une France coupée en morceaux ; si on additionne le nombre de votants contestataires de cette forme spéciale de démocratie propre à la 5éme République, on arrive au total effarant de 12 millions de Français explicitement contre au premier tour le fonctionnement actuel de la vie politique (FDG, FN, LO, LCR, Cheminade).. Auquel il faut rajouter les 700 000 votes blancs plus le marais des 8 millions de Français inscrits qui ne se déplacent plus pour voter mais qui en partie le feraient peut-être si le vote blanc était reconnu, (Sur 46.037.782 inscrits dénombrés par le ministère de l'Intérieur, 36.584.810 ont voté et 35.885.845 se sont exprimés, ce qui portele taux d'abstention à 20,53%.) C'est donc potentiellement environ 15 millions de Français qui ne se reconnaissent plus dans la vie politique actuelle !

Or le système représentatif actuel à deux tours ne peut qu'accroître le sentiment de frustration politique des Français : outre les référendums qui ne sont plus pratiqués depuis 2005 où le vote de 15 millions d'électeurs (54%) a été méprisé par les 12 millions proches de l'autoritarisme du pouvoir actuel (46 %), il faut considérer que seulement 20 millions de Français sont en accord avec ce mode actuel de démocratie, dont la particularité est d'être combattu par... la moitié restante. Outre le PS et l'UMP se dévorant entre soi tel Chronos ses propres enfants, que reste-t-il à la France pour s'inventer un futur qui corresponde à une France conforme au XXI éme siècle, et non à cette vieille France du Général de Gaulle qui depuis 1958 moule les cerveaux de ceux qui y ont intérêt pour leur carrière professionnelle ?

Finalement la France d'aujourd'hui alterne l'énervement et la neurasthénie, grande consommatrice d'anxiolytiques (1 français sur 5 se soulage aux psychotropes... chiffres ANPAA), 10500 décès par suicides en 2009, sans rien dire non plus sur le taux d'endettement du ménage moyen des Français qui est passé en 10 ans de 40 % à 60 % et plus ;  une minorité a pris le pouvoir et explique à la majorité comment il faut accepter de souffrir.

Certes nous n'avons pas encore donné de nom à cette forme particulièrement neurasthénique de la démocratie Française, mais grâce à l'Alzheimer collectif qui fige le pays, pour l'instant tout va bien... Il parait même que les trains arrivent parfois à l'heure et que les gens vont encore veauter !

 

 

 

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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 18:01

Le verbe présidentiel s'est fait cher, beaucoup trop cher....

 

sarkozyL'élection présidentielle en régime démocratique est une anomalie dont l'origine chrétienne ne devrait jamais être oubliée. Sous la 5éme République le Président incarne le peuple comme le Christ incarne Dieu, le verbe se faisant chair pour sauver l'humanité corrompue depuis le péché d'Adam, dont il s'agit de réparer la faute : « Au commencement était le Verbe, le Verbe était auprès de Dieu, le Verbe était Dieu (…) Puis le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité etc... etc... » Evangile de Jean 1-14. Le Président sauveur de la France en incarnant le peuple, incarne donc en même temps la mythologie chrétienne du peuple fautif, indigne de la confiance de son créateur mais que l'amour providentiel sauvera par son pardon. Hélas, cette fable de la Rédemption par la soumission au délégué de l'Autorité divine, s'incarne de plus en plus mal dans nos démocraties égoïstes qui en miment pourtant encore le rituel... Notamment parce qu'en se faisant chair, Dieu, par son fils, accepte de prendre en charge les douleurs de l'homme afin de les sublimer par le sacrifice de la croix. Sans ce sacrifice, il va de soi que Dieu n'en n'est plus un...

Or cette passion christique ne semble plus vraiment habiter la fonction présidentielle depuis des lustres. « Normal » ou non, le président monarque de la République depuis son palais commence d'abord par enrichir son patrimoine personnel, puis distribue ses grâces à ses nombreux apôtres, intervient dans les processus de la justice terrestre, et va jusqu'à mentir ouvertement en se servant des institutions pour dissimuler ses achats personnels, etc...

Force est d'admettre dans ces conditions que le traditionnel supplice de la croix s'est comme inversé. Désormais le fils de Dieu n'incarne plus les souffrances de l'homme qu'il devait prendre sur lui, mais il les impose sans complexe à son peuple abusé au nom du « Ensemble tout devient à moi ». Ce verbe qui s'est fait cher, et ne connaît plus de la croix que la légion d'honneur, donne à l'Eucharistie une version people que nul ne soupçonnait ; la multiplication des pains est bien devenue un big business ------------------------------------------------------> http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120328trib000690748/les-dividendes-du-fouquet-s-.html)

Dans un tel contexte de dévoiement des saintes pratiques de l'autorité, les fidèles continueront-ils encore longtemps à prier tous les 5 ans une République de droit divin ?

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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 10:41

POURQUOI LE SOCIALISME ?

Albert Einstein

albert-einstein-intuition(Revue Montly Review n°1 - Mai 1949)

"Il est plus facile de dénaturer le plutonium que le mauvais esprit des hommes"A. E

"(...) J’ai maintenant atteint le point où je peux indiquer ce qui pour moi constitue le fond de la crise de notre temps.

Cela se rapporte à la relation de l’individu à la société. 
L’individu est devenu plus que jamais conscient de sa dépendance vis-à-vis de la société. Mais il ne vit pas cette dépendance comme un atout, comme un lien organique, comme une force protectrice mais plutôt comme une menace à ses droits naturels, ou même à son existence économique. En outre, sa position dans la société est telle que les pulsions égotistes de son caractère sont constamment cultivées tandis que ses pulsions sociales, qui sont par nature plus faibles, se détériorent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position dans la société, souffrent de ce processus de détérioration. Prisonniers sans le savoir de leur propre égotisme, ils se sentent dans l’insécurité, seuls et privés des joies naïves, simples et sans sophistication de la vie. 
L’homme ne peut trouver un sens à la vie, si courte et périlleuse soit-elle, qu’en se dévouant à la société. 

 L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon sens, la source réelle du mal. Nous avons devant nous une grande communauté de producteurs dont les membres s’efforcent sans cesse de se priver les uns les autres du fruit de leur travail collectif, non pas par la force, mais tout simplement en se conformant fidèlement aux règles établies par la loi. De ce fait, il est important de se rendre compte que les moyens de production (c’est-à-dire l’intégralité de la capacité de production nécessaire pour produire à la fois les biens de consommation et les moyens de production additionnels) peuvent être légalement la propriété privée d’individus, et ils le sont dans leur grande majorité. (...)   

 La réalisation du socialisme requiert la résolution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment est-il possible, eu égard à la centralisation de grande envergure du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute puissante et présomptueuse ? 
Comment assurer les droits des contre-pouvoirs au pouvoir de la bureaucratie ? 

Exprimer clairement les objectifs et les problèmes du socialisme est d’une très grande importance pour notre période de transition. Puisque, dans les circonstances présentes, la discussion libre et sans obstacles de ces problèmes est frappée d’un tabou puissant, je considère que la création du présent magazine est un service public important."

Par Roberto Zucco - Publié dans : Amitiés stellaires (mon coin lecture).... - Ecrire un commentaire - Communauté : les cafards associés
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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 18:12

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Calendrier chrétien "la bonne semence" distribué gratuitement à tous les détenus...

Si les mots ont encore un sens, alors l'administration pénitentiaire porte bien son nom puisque les 70 000 détenus incarcérés dans nos prisons du XXIéme siècle doivent aujourd"hui encore "faire... pénitence" ! Dans le vocabulaire chrétien la pénitence est le sacrement qui a pour but de pardonner les péchés. Or, comme chacun sait, le mensonge n'est pas reconnu comme un des 7 péchés capitaux et ça tombe bien ! Car l'administration pénitentiaire ne se contente pas d'abandonner ses détenus à la plus complète déréliction en dépit de la loi du 24 Novembre 2009 qui, conformément au droit Européen, exige la mise en oeuvre de moyens efficaces envue de leur réinsertion. Non seulement l'administration pénitentiaire (régulièrement condamnée pour cela) dissimule sa véritable activité quotidienne plus proche de l'élevage intensif de lapins de laboratoires que d'organiser dans la dignité la privation de liberté, mais pire encore, elle ment dans sa prétention à traiter les détenus à égalité : les français de culture chrétienne y sont distingués des français d'autres cultures, ces Français qui ne sont pas de souche et pourtant trés nombreux en détention (+ de 60 %...).

Preuve en est l'omniprésence des aumôniers chrétiens qui en détention disposent d'avantageuses prérogatives sur tous les autres visiteurs laïques. Preuve en est l'absence proportionelle d'aumôniers musulmans (une centaine sont musulmans sur les 950 aumôniers accrédités, mais dans une prison moderne l'aumônerie ou la pénitence,  est-elle une solution efficace pour reconstruire moralement un détenu ?...). Preuve en est enfin ce charmant calendrier chrétien, DISTRIBUE GRATUITEMENT dans toutes les prisons de France par l'Etat Français, qui ensuite fait mine de s'étonner de l'inflation de convertis à un islam radical et souvent rudimentaire dans les prisons Françaises. 

 Qu'apprend-t-on en prison lorsqu'on n'est pas de culture chrétienne (cas d'une majorité de 80 % de détenus) ? On apprend la haine de l'Etat Français, fort dans l'injonction envers les plus faibles, et lâche avec la réalité.

Mais heureusement, le péché de la pénitentiaire ne serait pas aussi divinement administratif si, dans son immense incohérence, elle n'offrait gratuitement aux détenus la chance de se sodomiser les uns les autres dans le respect de la prophylaxie la plus rigoureuse. Car bien que les relations sexuelles soient une faute condamnée en prison, outre le calendrier chrétien "la bonne semence" (çà ne s'invente...) on distribue aussi gratuitement des capotes dans les prisons Françaises... Le mystère de la pénitence sûrement...

capottes 


Par Roberto Zucco - Publié dans : Prisons (accélérateurs de délinquance) - Ecrire un commentaire - Communauté : les cafards associés
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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 23:39

La violence mentale des sondages : أَلصِّفْر



ration-de-combat-armee-francaise-lasagne-pur-boeuf Pas un jour sans sondages, pas une heure sans pourcentages. Tout se passe en politique française, comme si sans petits calculs et sans ratio rien de social n'était intelligible par le peuple inculte. Voilà donc que le sondage est désormais devenu à la démocratie ce que la ration de combat est devenue au soldat en Afghanistan: un viatique. La ration de combat du soldat, chacun de ceux qui ont eu la malchance d'y goûter le savent, ce n'est pas de la nourriture. C'est juste ce qu'il faut au corps comme protéines et glucides pour ne pas mourir. Ca maintient en vie jusqu'au moment fatidique. Mais, tout comme le viatique de l'Eglise catholique, la quotidienne ration de combat des sondages en démocratie majoritaire, offre seulement au citoyen le minimum vital pour la vie politique. Prions alors sérieusement les totaux puisque désormais, en attendant la fin, c'est le chiffre qui tient au corps et dicte ses raisons à la gouvernance.

L'Eglise catholique (mais aussi télécratique) dans son infinie bienfaisance, veut encore qu'au moment de mourir, tout bon malade condamné reçoive cette extrême onction qui, par l'huile bénite dont on le baigne et l'enivre, purifie chacun des fautes commises. Se sachant probablement malade elle aussi, la démocratie majoritaire n'espère donc plus qu'après ses chiffres tout comme le mourant espère son Eucharistie de pourcentages, qui le consacrera au partage christique du pain et du vin, en attendant le moment de son élection sur la croix de l'impossible gouvernement des hommes.

Que la politique ne soit plus que chiffres est une bien mauvaise nouvelle .

Outre le sentiment d'une sempiternelle mascarade du pouvoir face à la mort des siens (comment un peu d'huile pourrait-elle suffire - telle la ration de combat - à compenser l'absence de vrai pain et de bon vin ?), l'origine du mot chiffre ne fait pas mystère : issu de l'arabe, أَلصِّفْر , « sifre» indique tout simplement le néant, le zéro, ou la nullité... Si l'on en comprend le rôle indéniable en arithmétique, c'est une tout autre affaire en politique !

Mais le plus grave c'est la base psychique de cette croyance compulsive dans les forces de la quantité. Peu importe la méthodologie secrète de cet envoutement par téléphone dont on redresse ensuite très mystérieusement les données en fonction d'indulgences concédées aux puissants. La critique en a été largement faite par le chercheur Alain Garrigou dans le plus inquiétant des silences... http://mots.revues.org/1078. Ou encore : http://www.nonfiction.fr/article-5541-la_croisade_anti_sondages_dalain_garrigou.htm

Pour comprendre le mécanisme psychique des sondages et l'espoir des fossoyeurs de la démocratie politique par le dialogue civique grace au martelage arithmétique, il faut remonter une cinquantaine d'années en arrière, en 1951. Aux Etats-Unis un chercheur du nom de Solomon Asch va prouver que 37 % (perfection scientifique du chiffre ! Mais tout virus ne se combat-il pas par lui-même ?..) de ses sujets acceptent de nier ce qu'ils voient et comprennent pourvu que leur environnement immédiat l'affirme. Autrement dit, une bonne part de nos décisions sont sous l'influence de notre groupe de référence. L'expérience de Solomon Asch consiste à identifier sur des visuels des longueurs de barres qu'il faut ensuite retrouver dans des séries. Le résultat est consternant. 100 % de ceux qui verront le film de cette expérience iront voter à reculons.

Par Roberto Zucco - Publié dans : Chroniques du purgatoire politique - Ecrire un commentaire - Communauté : Ricanons
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Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 11:48

Prisons Françaises ; haine de soi et haine de la France 

 

fuck-la-france Au moment où les prisons atteignent en France des seuils records d’enfermements avec en février 2012 un taux de 101 détenus pour 100 000 habitants (75222) alors qu’en Allemagne avec 89 détenus pour 100 000 la population carcérale a diminué en 10 ans de 6,9 %. (+ 31 % d'incacrcération en France sur la même période), il est devenu urgent de s'interroger sur le passage à l'acte de Mohamed Merah, lequel a vécu 18 mois en prison. Mais qu'a-t-il donc vécu là-bas ? Son spectaculaire suicide contre la France, doit nous interroger sur l'actuelle politique d’enfermement dont les chiffres sont toujours trés mauvais : + 4,3 % pour les atteintes aux personnes, et + 12 % des cambriolages ! http://www.rue89.com/2009/09/09/delinquance-les-politiques-sont-enfermes-dans-les-chiffres , etc....

La politique strictement répressive est donc sans effet et l’insécurité augmente bien en proportion tout en nourrissant dans l’opinion publique un désir paradoxal et improductif de répression.  C’est un fait désormais démontré : plus les conditions carcérales sont mauvaises , plus la récidive augmente par le seul fait que la vie en prison dégrade moralement les détenus. Voici le chiffre qui dérange ; 60 % des détenus passés en prison vont récidiver dans les 5 années qui suivent leur libération....

La politique pénitentiaire de la France est donc en échec total, sauf pour les grands groupes privés qui en bénéficient     grâce à des politique de partenariat public/privé qui profitent aux sociétés proches du pouvoir ; Bouygues, Eiffages, Suez, Sogeres etc... Le privé tire seul bénéfice de la gestion calamiteuse de la délinquance qui est devenue un marché, en même temps qu’ elle est un fléau pour la population Française ; tout détenu ressortira de prison à un moment mais dans quel état ? Est-il normal qu’une majorité de détenus se convertisse à un islam radical et haineux dans les prisons Françaises, faute de pouvoir y reconquérir cette dignité sans laquelle aucun homme ne peut vivre décemment ?

Ayant passé 10 années de ma vie à observer une fois par semaine le milieu carcéral (en tant que visiteur de prison et professeur), voici les principaux fléaux que j’ai pu identifier comme étant des facteurs irrémédiablement dégradants pour un être humain.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/14/comment-les-prisons-francaises-fabriquent-de-la-recidive_1587798_3224.html

 

Ici le témoignage accablant du psychologue qui a rencontré en prison Mohamed Merah et qui confirme en tous points le témoignage ci après : http://www.franceinfo.fr/faits-divers/mohamed-merah-en-2009-etait-un-garcon-fragile-anxieux-narcissique-psy-565821-2012-03-24   cliquez ici : link

 

1°) La déréliction pénitentiaire - L’insalubrité mentale et physique des détenus

L’état de Santé physique et psychique des détenus est le plus souvent inquiétant.

Il faut savoir qu’il n’y a pas de médecin permanent au sein des unités de soins (UCSA, cellule médicale gérée par l’hôpital public). Un détenu souffrant de difficultés rénales me racontait comment en faisant une crise d’acétone un soir, IL a dû attendre le lendemain matin pour prendre un rendez-vous bien plus tard dans la journée avec le médecin. Face à la lenteur administrative de la démarche, en attendant, il s’est soigné en buvant du Coca-Cola, car en prison on ne soigne que les situations critiques, ou chroniques.

La notion d’urgence médicale relève de l’in extremis vital en prison.

Idem le dentiste, l’ophtalmo, etc... Pour des raisons de coût, il n’y a pas de cellule de soin véritable pour une population qui pourrait trouver en prison une première réhabilitation avec l’intimité de son corps.

Pour ce qui est des problèmes psychiques, avec une seule psychologue en moyenne pour plus de 450 détenus par centre... On pare au plus pressé et on accepte que des malades mentaux incarcérés, voisinent avec des primaux délinquants.

Aucun travail psychothérapeutique sérieux n’est envisageable en prison ou par ailleurs une majorité de détenus est condamnée  par la justice à une « obligation de soin » par un tribunal qui reste dans le discours moral des bonnes intentions et de la commination.

Les détenus n’ont droit qu’à des faire valoir professionnels, qui permettent sur le papier de donner l’illusion d’une prise en charge, mais qui est rendue impossible en réalité dans les faits.

La situation médicale est ainsi souvent évoquée par les détenus comme source de malaise ; rien n’est manifestement prévu pour une thérapeutique du XXIéme siècle.  Par exemple ; il n’y a plus assez de personnel pour distribuer quotidiennement et individuellement les médicaments selon une ordonnance suivie quotidiennement. On donne parfois à certains une poche de tranquillisants pour la semaine. Résultat ; le trafic est permanent, les médicaments deviennent une monnaie d’échange courante pour ceux qui n’ont pas d’argent. Car les médicaments avec le piège de la télé sont la seule issue pour aider à passer le temps, il vaudrait mieux dire tuer le temps, si ce n’est se tuer soi-même ( puisque régulièrement on meurt noyé dans son propre vomis dans les prisons françaises, la faute à pas de chance...).

On m’a raconté comment le subutex ou son équivalent opiacé redoutable (la métadone) est distribué aux toxicos , une drogue légale qui aide, avec la télévision, à calmer l’excitation nerveuse des détenus. Il faut imaginer ces longues files d’attente de fantômes en survêtement (le vêtement quotidien du détenu) en file indienne, attendant dés 9 heures le produit miracle qui les aidera à tenir jusqu’au lendemain matin.

J’ai visité un garçon qui parlait avec une balle de ping-pong dans la bouche, les paupières lourdes, le teint gris : il était sous double dose de subutex 16 Mg + Vallium : KO debout ! Un autre s’est affalé sur la table... On m’a donné le tarif ; 1 dose de subutex = 4 paquets de tabac = 20€.


De manière générale les détenus appellent la prison ; l’hôpital.. Non pas qu’on y soit soigné, mais on y est tous drogués soit par le médecin, soit par le trafic de médicaments. Car le détenu idéal pour l’administration c’est une « épave » qui erre, ou plus généralement ne bouge quasiment plus de sa cellule.

L’automédication et la prescription de tranquillisants est une des activités les plus importantes en prison. On voit sur l’année certains détenus dépérir physiquement , et psychologiquement se « légumifier »....

La prison ne soigne rien, souvent même elle suscite de pathologies.... Alors qu’elle serait pourtant l’occasion de réhabiliter le corps du détenu : ses dents, ses yeux, toutes les plaies de la vie d’avant.

Par ailleurs cette gabegie médicamenteuse doit bien avoir un coût sur les finances de l’hôpital public, où chaque responsable distribue sans contrôle les médicaments de son choix. Exemple du Tranquital, un phyto médicament aux vertus tranquillisantes, distribué par les laboratoires Roche auquel tout arrivant est soumis d’autorité d’après des témoignages récurrents de mon centre de détention. A l’heure d’un prétendu contrôle des dépenses publiques, on ne regarde pas sur le coût de l’endormissement carcéral.

2°) La légumification pénitentiaire des détenus

La prison c’est l’abandon des règles de comportement, et de dignité personnelle. Il faut bien comprendre qu’une majorité de détenus entrent en état de désocialisation physique et mentale. On les enferme tels qu’ils sont.  Or tels qu’ils sont ils ne sont pas gérables ; illettrés pour la plupart, défaits physiquement (il n’y a pas d’obligation de soins dentaires par exemple, on pare au plus pressé),  abîmés psychologiquement on a souvent affaire à des gens qui ne savent tout simplement pas... vivre... Que faire ? Réponse ; Rien... Sinon attendre la fin de la peine. La prison enseigne le renoncement et la perte d’espoir pour tous.

Une majorité de détenus incarcérés s’incarcèrent ainsi dans leur incarcération et ne descendent jamais de leur étage. Ils vivent terrés dans leurs cellules qui sont devenues de véritables « grottes » selon le mot d’un détenu : rideau sur la fenêtre, cellules jamais aérées, habits non rangés jonchant le sol et le lit, sanitaires jamais nettoyés, etc... Le détenu peut devenir physiquement inaccessible, repoussant : le personnel n’entre plus, ne parle plus avec ce genre de détenu, on s’assure seulement chaque matin en ouvrant la cellule, qu’il est encore vivant, etc.... Un gardien m’a raconté comment l’ouverture de certaines cellules le matin est un véritable supplice à cause de l’odeur qui s’en échappe. J’ai vu des clochards en détention, on les appelle des « indigents » ; sans famille, sans revenu, sans relation avec autrui, c’est tout l’art de l’administration que d’essayer de répartir ces détenus avec d’autres qui vont les aider par charité, car c’est étonnant mais il y a en prison des détenus aussi charitables que n’importe où ailleurs. Des relations de solidarité se créaient parfois entre détenus, lesquels compensent ainsi ce que l’administration n’a plus la possibilité/volonté de faire. Le prosélytisme religieux bien évidemment compte sur ce désespoir du détenu.

Ce qui surprend c’est la situation des promenades, de l’avis de personnels comme de détenus, on s’étonne de l’absence de fréquentation de la cour de promenade. Idem les salles de sport qui sont désertées, et que dire des salles de classe.

 En général le dimanche, lors de la deuxième promenade il est fréquent qu’il n’y ait que trois détenus sur 500, en train de s’aérer, se dégourdir, dialoguer, etc.... Comment l’expliquer sinon par une situation de délaissement généralisé ?

Les détenus restent dans leurs « oubliettes »... Conséquence d’une prison où plus rien n’est obligatoire, si ce n’est dormir et se faire oublier.

Bien entendu l’administration invoquera le règlement qui suppose l’observation par le détenu d’un minimum de propreté, ranger, se doucher chaque jour, etc...

Mais, soit que les moyens en personnels soient insuffisants, soit que la population carcérale soit devenue ingérable, il y a bien une situation d’accommodement à la paupérisation physique et mentale généralisée des détenus.

J’ai vu des clochards, sales, pas rasés, mal habillés, sortir avec des sacs en plastique et attendre hagards un taxi, seuls, devant la porte en fer de la prison. Imaginons ce qu’il leur reste à faire, dans l’état où ils sont, avec en poche le billet de train pour nulle part offert gracieusement par l’administration, et la poignée d’Euros pour se nourrir deux jours...

J’ai visité un jeune indigent, Renaud, qui n’avait pas d’argent pour s’acheter des chaussures et recevait par son statut d’indigent juste de quoi acheter du tabac et du café.... Qu’est-ce qu’on peut contre cela ? « Après tout ils n’avaient qu’à pas arriver là ! »... C’est généralement l’argument ultime qui aide le personnel à supporter l’échec qu’on leur demande de tolérer (le personnel pénitentiaire connaît un des taux de suicide les plus importants de toute l’administration Française : est-ce bien un hasard ?).   En 2009, 19 personnes travaillant dans le milieu carcéral se sont donné la mort sur 24 000, soit presque 1 salarié pour 1000 (en France, le taux de suicide était en 2008 d’environ 0,16 pour 1 000 habitants = 43 % > population). Source. Famille Chrétienne.fr du 26/11/2010 

c) La ghettoïsation pénitentiaire des détenus dans des prisons « libérales »

Il y a beaucoup d’isolés, de sans famille en prison... Pas de visite, pas de courrier, pas d’argent pour compléter le chétif plateau-repas de la société privée SOGERES qui outre la pauvreté des repas organise aussi la fameuse « cantine » : la cantine en détention (cantiner) c’est le magasin où on peut acheter à des prix scandaleusement chers des produits de première nécessité, des DVD, ou bien des tapis de prière, etc.... Par exemple on vend en cantine la PS2 145 €, lorsqu’elle coûte dans le commerce  69 €, on leur revend des produits « La redoute » manifestement en solde sur les catalogues, à des prix pas soldés du tout, etc... En prison TOUT se paye plus cher qu’au dehors....

C’est le paradoxe de la prison qui est devenue tout aussi libérale que la société. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’abandon des individus à leur propre liberté, va transformer les couloirs de détention en véritable « rue » (propos d’un surveillant chef) de quartier pauvre, de cité, où les mêmes habitudes de trafic pour s’en sortir sont reconduites ; rackets divers, intimidations, revente, bref le marché noir habituel des produits illégaux, y compris la drogue puisque la drogue entre en prison, soit par les parloirs, soit par les balles de tennis balancées par dessus les grilles, et dans lesquelles ont peut faire passer également un téléphone portable en pièce détachées.... Et comme dans tous les quartiers pauvres, même si c’est un quartier unisexe,  bien entendu la prostitution fonctionne à plein, puisqu’il faut bien trouver des moyens pour se soulager lorsqu’on est enfermé depuis des années et que la masturbation, principale activité du détenu, ne suffit plus.... Voir l’excellent travail de Arnaud Gaillard http://gss.revues.org/index1476.html

Le pire étant bien sûr les différences de revenu entre détenus qui, en faisant entrer leur vie sociale dans la prison, y font entrer également leurs différences de classe, notamment en termes de vêtements.

Certains détenus font ainsi « le ménage » pour d’autres, afin de se payer un paquet de tabac ou de café, denrées prisées en détention. C’est le genre de comportement qu’on apprend en détention ; se vendre aux plus forts, ceux qui reçoivent des mandats.

L’habileté de l’administration consiste à installer les détenu par typologie, soit sociale, soit ethnique, soit pénale dans le cas des pédophiles qu’il faut protéger des autres détenus.

Bref ; Il n’y a pas plus inégalitaire et injuste  que la prison qui prétend représenter la justice ce que certains légitiment en expliquant que la prison n’a pas à mentir sur la réalité sociale. Pourquoi pas....

Mais à condition que la prison organise une égalité des chances, à défaut d’une égalité des conditions et que ceux qui souhaitent améliorer leur situation scolaire, professionnelle, ou tout simplement pécuniaire puissent y avoir accès. Ce qui est loin d’être le cas....

Qui plus est, avec l’abandon des règles minimales du vivre ensemble qu’il n’y a plus moyen de faire respecter.

 Par exemple une plainte récurrente des détenus concerne le bruit.

 Pas seulement le bruit permanent des serrures, après tout on est en prison mais le bruit des Home-cinémas, des chaînes Hi-FI du Rap à tue-tête (puisque la prison c’est le reflet de la société libérale)  ou des hurlements sinistres de détenus psychotiques qui s’insultent d’étage à étage par les fenêtres. Ca hurle en permanence dans les prisons....

Seul moyen d’obtenir le silence ; c’est la pression physique et morale, l’intimidation de l’autre... Faire sa loi lorsqu’il n’y en a plus et que le personnel a peur.

Bien entendu cette promiscuité permanente des détenus, dans des locaux inappropriés est pour nous choquante et serait probablement très éprouvante à vivre. Mais il faut hélas considérer deux éléments. Le premier c’est la répartition des détenus par ailes définissant des profils culturellement compatibles entre eux. Bien sûr du point de vue du vivre ensemble et de l’éthique républicaine, cette ghettoïsation des mœurs n’est pas satisfaisante mais elle permet de rendre viable l’espace carcéral, en opérant un tri social. La deuxième est plus sordide ; le profil des nouveaux délinquants correspond en majorité à des jeunes de cités pour lesquels il n’y a aucune différence entre la vie dans une cité dortoir, et la détention dans une prison dortoir.... Pour ce public là, déjà désocialisé, le passage en prison ressemble au quotidien, la réduction du périmètre des déplacements en moins.

d) La castration pénitentiaire des détenus.

C’est un grand problème pour un détenu ; l’abstinence sexuelle puisque officiellement il n’y a pas de relations sexuelles en Prison. Pourtant on y consomme un nombre prodigieux de préservatifs en accès gratuit, c’est d’ailleurs la seule chose offerte par l’administration : la capote et le calendrier chrétien « La bonne semence » ! Il y a donc une « homosexualité carcérale » qui pose des problèmes d’identité psychique à la plupart d’entre-eux, qui se voient contraints à ce genre de rapports sexuels qu’ils n’avaient pas en liberté. « L’homosexualité carcérale fait naître chez les hommes un conflit interne souvent absolu . Il s’agit soit de perdre sa puissance symbolique en consentant à dévaluer sa virilité par des actes homosexuels, soit de faire triompher sa puissance par l’utilisation d son phallus dans le corps d’un partenaire de même sexe» p.204. http://gss.revues.org/index1476.html

C’est le tabou par excellence qui frappe les plus faibles.

Il n’est pas rare que les « pointeurs » se fassent collectivement violer « pour qu’ils comprennent ce qu’ils on fait » car c’est une spécialité de la prison ; on y trouve toujours pire criminel que soi.

Entre les fouilles anales des gardiens et les brûlures par cigarette, la détention est aussi une épreuve physique. Voir dans le même ouvrage le témoignage de Patrick Dils p. 172

e) L’asiatisation pénitentiaire des détenus au travail

Le travail n’est donc plus obligatoire en détention. Il est même une denrée rare en période de crise et d’autant plus prisée que, pour certains, c’est où le travail officiel, ou bien le viol et les ménages des détenus les plus puissants. L’école non plus n’est pas obligatoire, surtout pas, et il est fréquent que ceux qui viennent en cours pour s’instruire soient obligés d’arrêter pour aller gagner de quoi subsister. L’administration dénomme cela d’un pompeux : « savoir se donner des priorités »... Ou l’école, ou le travail.

Qu’est-ce que le travail en prison ; c’est très exactement ce qu’on peut imaginer du travailleur chinois ; pas de contrat, c'est expressément interdit par l'article 717-3 du code pénal. Ce qui veut dire pas de smic, pas de congés payés, pas de droit syndical, pas d'arrêt maladie... Normal on est en prison !

L’inspection du travail ne se rend en détention que sur invitation de la direction pénitentiaire. Les conditions d’hygiène et de sécurité relèvent très exactement du salarié chinois. Le SMIC carcéral est d’ailleurs de 3 € 90 ... bruts. Ainsi en travaillant aux pièces 6 heures par jours on peut quand même gagner 300 €/mois, de quoi payer la télé, le frigo, et juste de quoi faire la cuisine.

Le travail y est généralement déqualifiant, intellectuellement (plus de cours) moralement (tâche les plus dégradantes) et professionnellement (c’est inexploitable à la sortie).

Conclusion ; Ce survol de la condition de vie en détention n’a pas pour objectif de disculper les condamnés ou d’angéliser des individus au détriment des victimes. Il s’agit seulement de comprendre comment la politique actuelle du tout carcéral en profitant d’abord à des groupes privés qui s’enrichissent de la délinquance, suscite en même temps une inflation sans précédent de la délinquance Française dont les finances publiques mais aussi le climat social souffrent en silence.

 Si les prisons Françaises représentent l’inconscient social du pays, alors les passages à l’acte tel que celui de Mohamed Merah seront encore nombreux. Il faut s’y préparer.


 

Par Roberto Zucco - Publié dans : Prisons (accélérateurs de délinquance) - Ecrire un commentaire - Communauté : les cafards associés
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Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 11:45

Roberto Zucco Une pièce de Bernard Marie Koltès écrite en 1988 et qui fit scandale car fondée sur les faits réels de la vie de Roberto Succo, ce meurtrier en série qui, après avoir tué sa mère (elle le vouait aux nues) puis son père, dégringole dans le crime après avoir vécu une jeunesse banale. D'où vient le crime dans ce cas ? F.G

 

 

2éme Gardien : Comment crois-tu que quelqu'un peut avoir l'idée de poignarder ou d'étrangler, l'idée d'abord, et passer à l'action ensuite ?

1er Gardien : Pure vice.

2éme Gardien : Moi qui suis gardien depuis six années, j'ai toujours regardé les meurtriers en cherchant où pouvait se trouver ce qui les différenciait de moi, gardien de prison, incapable de poignarder ni d'étrangler, incapable même d'en avoir l'idée. J'ai réfléchi, j'ai cherché, je les ai même regardés sous la douche, parce qu'on m'a dit que c'était dans le sexe que se logeait l'instinct meurtrier. J'en ai vu plus de six cents, eh bien aucun point commun entre-eux ; il y en a des gros, il y en a des petits, il y en a des minces, il y en a des tout petits, il y en a des ronds, il y en a des pointus, il y en a des énormes, il n'y a rien à tirer de tout cela.

1er Gardien : Pure vice, je te dis. (...)

Roberto Zucco : Je suis un garçon normal et raisonnable. Je ne me suis jamais fait remarquer. M'auriez-vous remarqué si je ne m'étais pas assis à côté de vous ? J'ai toujours pensé que la meilleure manière de vivre tranquille était d'être aussi transparent qu'une vitre, comme un caméléon sur la pierre, passer à travers les murs, n'avoir ni couleur ni odeur ; que le regard des gens vous traverse et voie les gens derrière vous, comme si vous n'étiez pas là. C'est une rude tâche d'être transparent ; c'est un métier ; c'est un ancien, trés ancien rêve d'être invisible. Je ne suis pas un héros. les héros sont des criminels ; il n'y a pas de héros dont les habits ne soient trempés de sang, et le sang est la seule chose au monde qui ne puisse pas passer inaperçue. C'est la chose la plus visible du monde. Quand tout sera détruit, qu'un brouillard de fin du monde recouvrira la terre, il restera toujours les habits trempés de sang des héros. Moi, j'ai fait des études, j'ai été un bon élève. On ne revient pas en arrière quand on a pris l'habitude d'être un bon élève. Je suis inscrit à l'université. Sur les bancs de la sorbonne, ma place est réservée, parmi d'autres bons élèves au milieu desquels je ne me fais pas remarquer. Je vous jure qu'il faut être un bon élève, discret et invisible, pour être à la Sorbonne. Ce n'est pas une de ces universités de banlieue où sont les voyous et ceux qui se rpennent pour des héros. Les couloirs de mon université sont silencieux et traversés par des ombres dont on n'entend même pas les pas. Dés demain je retournerai à mon cours de linguistique. C'est le jour, demain, du cours de linguistique. J'y serai, invisible parmi les invisibles, silencieux et attentif dans l'épais brouillard de la vie ordinaire. Rien ne pourrait changer le cours des choses Monsieur. Je suis comme un train qui traverse tranquillement une prairie et que rien ne pourrait faire dérailler. Je suis comme un hippopotame enfoncé dans la vase et qui se déplace trés lentement et que rien ne pourrait détourner du chemin ni du rythme qu'il a décidé de prendre.

Le Monsieur : on peut toujours dérailler, jeune homme, oui, maintenant je sais que n'importe qui peut dérailler, n'importe quand...

 

 

 


 

 


Par Roberto Zucco - Publié dans : Prisons (accélérateurs de délinquance) - Ecrire un commentaire - Communauté : les cafards associés
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Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 16:42

 

Les 5 philtres du sarkozysme

 

images-copie-1 Que dirions nous d'un équipage et de passagers qui, tels ceux du Costa Concordia, s'apprêteraient à reconduire un capitaine dont la folie incontrôlable a produit le résultat que l'on sait ? Voilà pourtant la situation des Français qui dans leur névrose collective médiatiquement entretenue, n'imaginent même pas pouvoir se passer de leur ravisseur ! Bien sûr nul n'ignore que c'est sur ce navire de croisière que le cinéaste Jean Luc Godard a tourné son dernier chef d'oeuvre "film socialisme" où la beauté intense des images  et des citations n'a d'équivalent que l'effondrement de la démocratie de cette Europe "libérée par les Américains pour la rendre dépendante" dira l'écrivain Curzio Malaparte (voir le trailer accéléré à la fin). Prophétie involontaire, le naufrage du Costa Concordia, semble raconter par anticipation la noyade d'un peuple incapable de comprendre sa folie et frappée du syndrome de Stockholm : à force de vivre avec leurs ravisseurs, les otages finissent par les excuser selon un mécanisme décrit par le psychiatre Frank Ochberg en 1978. Ne rions pas : notre système institutionnel et notre mentalité monarchique faisant, tout l'espace/temps public à venir va dans les mois prochains, encore plus se contracter sur la personnalité du "président sortant" lequel va nous accompagner partout dans notre vie privée, c'est bien normal... Normal dit-on en face ? Pourtant Sarkozy n'est pas la maladie de la France. Il n'est que le symptôme de ce mal bien plus profond que l'anthropologue Emmanuel Todd a justement décrit dans son ouvrage Après la démocratie dont voici un extrait essentiel. Avec Sarkozy la psychiatrisation de la vie politique Française ne fait que commencer. Tant que le bateau flotte on n'imagine pas l'issue, tout comme ces braves touristes totalement ravis par leur croisière en démocratie, et qui lisaient peut-être sur le pont ceci à la fin du roman d'André Breton Nadja : "Un journal du matin suffira toujours à me donner de mes nouvelles... Le message disait notamment - Il y a quelque chose qui ne va pas - ". F.G

 

"Au fond nous devrions être reconnaissants à Nicolas Sarkozy de son honnêteté et de son naturel, si bien adaptés à la vie politique de notre époque. Parce qu'il a réussi à se faire élire en incarnant et en flattant ce qu'il y a de pire autour de nous, en nous, il oblige à regarder la réalité en face. Notre société est en crise, menacée de tourner mal, dans le sens de l'appauvrissement, de l'inégalité, de la violence, d'une véritable régression culturelle. (…)

Seule une société folle peut traiter comme normal un président fou. Aucune critique de Sarkozy, même la plus radicale, ne doit nous aveugler sur nous-mêmes. Ce président est la preuve que la France est malade.

Nicolas sarkozy peut donc servir de guide, involontaire, dans l'examen du mal qui ronge notre pays. Cinq traits saillants de son organisation (ou de sa désorganisation) mentale – incohérence de la pensée, médiocrité intellectuelle, agressivité, fascination pour l'argent, instabilité affective, les cinq parfums du sarkozisme, permettent d'aborder les problèmes de fond de la société Française.

1° - L'incohérence de la pensée conduit à décrire la naissance du vide idéologique et religieux dans notre pays.

2° - La médiocrité intellectuelle renvoie à la stagnation éducative dans laquelle la France est entrée récemment, et qui implique une véritable crise de la démocratie.

3° - L'agressivité nous fait saisir la dimension négative de la démocratie : de manière latente, celle-ci s'appuie sur un mécanisme d'exclusion du non-citoyen. En période de crise, l'exclusion peut devenir explicite et aboutir à la désignation de boucs émissaires.

4° - L'amour de l'argent qui caractérise le de l'Etat réintroduit l'économie mais en tant uee phénomène de mentalité. Par là s'éclaire l'incapacité des élites à affronter les questions du libre-échange, de l'appauvrissement, de la montée des inégalités – Un problème en partie psychologique pour ne pas dire psychiatrique.

5° - L'instabilité affective et familiale nous met sur la voie de l'aspect le plus fondamental de la situation présente : l'évolution des valeurs familiales.

Une lente dérive anthropologique sous-tend la dérive politique et sociale du pays.

(…) Notre véritable problème n'est pas Sarkozy, mais un ébranlement général de la démocratie."

 

Par Roberto Zucco - Publié dans : Amitiés stellaires (mon coin lecture).... - Ecrire un commentaire - Communauté : les cafards associés
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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 17:07

 

"Aidez-moi !"

Nicolas Sarkozy on stage à Villepinte (93)

 

 

1083938 4021881 Depuis Karl Marx1 commentant Hegel, on sait que l'histoire se répète toujours deux fois ; d'abord comme tragédie... puis comme farce. Or, même en forçant à fond sur la mémoire, on ne voit vraiment pas qui mieux que Nicolas Sarkozy (et tout son aréopage ministériel), pourrait encore plus exhiber tout ce ridicule appareil de l'Etat sous la 5éme République !? D'ailleurs de l'appareil à l'appendice de l'Etat, la couronne républicaine s'est subitement transformée en anneau, vibrant peut-être, mais anal quand même... Prince des humoristes qui n'ont qu'à se baisser pour ramasser ce que laisse de ridicule derrière lui ce Louis de Funes-te politique, « la petite saucisse entourée de ses fayots »2 ne cesse d'inonder de ses gags les agences de presse, tout autant et c'est peu dire, qu'il mouille sa chemise de sueur froide lorsqu'on l'interviewe en public sur Khadafi... Et voilà comment celui qui se croyait Président, s'est découvert Capitan, ce soldat qui dans la comédie dell' arte, revient d'Espagne se vanter des guerres et des châteaux qu'il n'a pas pris.

« Aidez-moi ! » hurla alors notre Capitan au grand-public marabouté de Villepinte...

Seul sur cette trop grande scène pour lui, n'étant plus capable de faire l'histoire, le voilà réduit à emprunter à un tarif de grossiste, les mots de l'histoire à n'importe qui lui en proposera. Avant lui, sur cette même scène, c'était "open-bar" dans la culture : son Valet de phrases, Guaino, à bout de souffle, s'était essayé à faire revivre Malraux, croyant qu'au seul tremblant de la voix correspondrait le talent dans l'action. Sauf que l'innocente chèvre de M. Seguin n'aurait jamais dû oublier son Karl Marx : d'abord comme tragédie, et puis... la farce. Et ce fut un désastre ; « entre ici Sarkozy.. » croyait-on entendre au fond du 9-3 !

Certes De Gaulle avait déjà par deux fois utilisé le fameux gimmick « aidez-moi ! » : une fois en 1958 pour son premier retour télévisuel devant les Français juste avant de bricoler sa 5éme république personnelle, puis le 22 Avril 1961 face au putsch des généraux d'Alger. C'était la grande tragédie du pouvoir de la France. Mais le 11 Mars 2012, avec ce « aidez-moi » là, on ne vit que la farce de la transe au pouvoir.

 

1« Hegel fait remarquer quelque part que, dans l'histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce. Caussidière et Danton, Louis Blanc et Robespierre, la Montagne de 1848-1851 et la Montagne de 1793-1795, le neveu et l'oncle. »

Le 18 brumaire de Louis Bonaparte (1853), Karl Marx (trad. Léon Rémy et Jules Molitor), éd. La Table Ronde, 2001 (ISBN 2-7103-2414-8), p. 172

 

2Anne Roumanoff

Par Roberto Zucco - Publié dans : Chroniques du purgatoire politique - Ecrire un commentaire - Communauté : Ricanons
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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 17:54

La politique d'Orphée dans la République des sens

(à propos du spectacle Orphée de José Montalvo et Dominique Hervieu)

A mon ami écrivain et humoriste Tom Cock,

 

2366334022 691b1e69f6 o Un petit singe, un poussin qui éclôt, un handicapé virevoltant en béquilles, des oiseaux qui volent sur place dans l'eau avec des éléphants assis sur un banc, de la vidéo par écran géant où les acteurs sur scène se reflètent et s'interpellent dans ce double monde, des danseurs africains, des chanteurs d'opéra, de baroque, des râles de fauves, du cirque en échasses, de la musique brésilienne, classique, etc... En mélangeant dans un tourbillon anachronique toutes les formes d'Art, Hervieu et Montalvo ont réussi à atteindre l'utopie que l'on attend de tout artiste : ramener de l'au-delà même de nos rêves, des images qui subliment notre vision du monde. Et l'euphorie électrique de la salle en délire au final offre la meilleure réponse à ce voyage triomphant vers la mort enfin conquise par la liberté humaine. Car Orphée de toutes les légendes de la mythologie Grecque est bien le mythe par excellence de la création artistique ; au mépris du goût mortel du public rétrograde, l'artiste doit ramener de l'enfer de la vie profane son amour perdu, mais sans se perdre dans la contemplation de son œuvre. Voilà le message : c'est la beauté du voyage qui charme et non l'objet réalisé.

« Orphée [...] reçoit la promesse sous cette condition, qu'il ne tournera pas ses regards en arrière jusqu'à ce qu'il soit sorti des vallées de l'Averne ; sinon, cette faveur sera rendue vaine. [...] Ils n'étaient plus éloignés, la limite franchie, de fouler la surface de la terre ; Orphée, tremblant qu'Eurydice ne disparût et avide de la contempler, tourna, entraîné par l'amour, les yeux vers elle ; aussitôt elle recula, et la malheureuse, tendant les bras, s'efforçant d'être retenue par lui, de le retenir, ne saisit que l'air inconsistant. »
(Ovide, Métamorphoses , X, trad. GF-Flammarion, 2001).

Mais cette morale de l'art n'a pas qu'une portée esthétique. Bien au delà des seules formes de l'art c'est aussi un message politique et culturel. Que serait un peuple qui aurait figé dans des structures invariables et sacrées sa liberté d'inventer le monde dont il a besoin ? Le spectacle d'Hervieu et Montalvo est sublime parce qu'il marie toutes les oppositions, éventre toutes les notions, libère toutes les habitudes mentales, etc... Il en résulte une plus grande sensibilité à l'autre, un appétit renouvelé pour ce qu'on connaissait déjà, et s'opère dans cette REPUBLIQUE DES SENS la fusion créatrice de toutes les différences. Au lieu de quoi aujourd'hui, nos Orphée partisans qui ont découpé leur public en part de marché, en pourcentage d'audience et qui se crispent sur le visage bien aimé de leur France personnelle (Eurydice de sous-préfecture), n'en peuvent plus de séduire au lieu de marcher pour ouvrir la voie. Le voyage vers l'utopie politique dont le monde de demain a besoin n'aura plus lieu : repliés sur leurs intérêts structurels, ils ne savent plus chanter pour un peuple qu'ils excitent aux réflexes défensifs. Au lieu de montrer par leur habileté l'art de passer entre les mondes, d'offrir Eurydice à tous, ils ouvrent des plaies dont se nourrissent les terribles Bacchantes qui, tels des banquiers de la finance, déchiquètent tout ce qui ne leur sert pas.

La politique recommencera lorsqu'on aura appris à Orphée comment déplacer son regard amoureux vers l’au-delà utopique d'une Eurydice personnelle. En attendant la politique, il nous reste l'art … Et la descente collective aux enfers !

Ne manquez pas cet excellent teaser du spectacle... Musique à fond..

 

 

Par Roberto Zucco - Publié dans : Chroniques du purgatoire politique - Ecrire un commentaire - Communauté : Ricanons
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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 14:57

Le nomade du cosmos


dommeAttention... ! Voici un texte brûlant, incantatoire et dérangeant. Dans la lignée du Zarathoustra de F. Nietzsche, François Augiéras, écrivain de Dordogne né dans l'état de New York en 1925, va tenter du fond d'une caverne de la ville de Domme qui surplombe la Vézère sinueuse à plusieurs centaines de métres d'altitude, de... refonder la (sa ?) nouvelle civilisation ! Loin du "petit homme actuel" voilà l'histoire d'un homme entré en résistance avec son époque qu'il juge spitituellement dépassée et qu'il maudit dans son oeuvre comme dans sa vie. Passé de la résistance des FFI, au camp miltaire d'Alger où il séjournera plus d'un an au monastère trappiste de Tibehirine, F. Augièras va bénéficier dans ses publications du soutien appuyé de A. Gide fasciné par cette littérature libre et sauvage. Antéchrist menacé par l'hostilité de son environnement et qui tel Artaud aura à justifier socialement de son originalité, il subira en Février 1970, un an avant sa mort, un électro-encéphalogramme suite à une demande municipale d'internement. La conclusion du rapport médical est à son image, déroutant ; "Il est à noter cependant que le tracé encéphalographique montre assez souvent une ACTIVITE PSYCHIQUE ABSOLUMENT INCONNUE. Une activité psychique inconnue, ne justifie pas un internement.". F.G (photo personnelle de sa tombe dans le cimetiere de Domme, à côté de la décharge).

"Je reprends l’écoute, le front contre la roche : « quelque chose » se passe sur cette planète.
Une nouvelle Race apparaît discrètement çà et là et se cache. Elle vient d’une mutation provoquée par la soudaine résurgence d’un antique psychisme restévivant au niveau des chromosomes-mémoires. C’est l’Homme d’avant Moïse qui remonte en surface : sa tombe ouverte, il appelle ses fils... Nous sommes entrés dans le Verseau au milieu de ce siècle : il y a résurgence de l’âme ancienne depuis que la Terre s’avance vers de nouvelles régions de l’Espace ; et, ce fait nouveau, imprévisible, appelle une mutation décisive qui sonne le glas du Judéo-christianisme !

Elle est proche la revanche de l’Homme Ancien, le Vieil Homme... Selon les Evangiles... Que le christianisme a tenté de détruire : le Vieil Homme venu des Astres, L’HOMME VRAI DU PLAN DIVIN ! Certains êtres sur cette planète sont au seuil déjà d’une prodigieuse mutation. L’Homme n’est pas achevé ; prodigieuse mutation. L’homme n’est pas achevé ; l’esprit humain est capable d’une activité sans commune mesure avec le mental étroit du Petit Homme Actuel. Il est temps de savoir que le judéo-christianisme et l’Islam ont été une catastrophe dans l’Histoire de l’Humanité : ils ont réussi à réduire au silence le Vieil Homme adorateur  de l’Univers ; l’Homme Ancien que les Hommes de l’avenir doivent retrouver dans une mémoire profonde, s’ils veulent aller de l’avant àtravers une métamorphose et une mutation.

Cà et là des essais sont tentés, plus ou moins ouvertement. Sous des formes diverses, Nous pesons sur l’Histoire humaine par notre seule présence.... par notre seule pensée, par une discrète Occupation. J’entends nettement le ressac du Futur ! Mon aventure à Domme n’est peut-être qu’une lame venue d’un proche Avenir.

Une nouvelle Race apparaît. Au moment où l’aventure sur cette planète cesse d’être humaine pour devenir cosmique, le temps est venu de réentendre le Message des Dieux, faussé,  perdu volontairement au profit d’une petite conscience humaniste primaire, ou d’une religion de salut collectif, qu’elle soit chrétienne ou marxiste. Des relations magiques entre l’Homme et le Cosmos vont à nouveau s’établir : ce qui se passe, c’est plus que l’avènement d’une religion, c’est la réapparition de l’Homme Vrai, la renaissance de l’Homme Fils de la Terre et des Astres ! De l’Homme aux dimensions de l’Univers ! L’ère du Christ  est finie, un point de rupture est atteint ; les circonstances sont favorables à une réinvention de l’Homme ; ce n’est pas le progrès de l’Homme qui est à rechercher – il est trop tard – mais sa rapide transmutation.

Une fois de plus Nous allons modifier certains êtres, créer une Race nouvelle.... Ce qui pose le problème des zones de résonances. On n’occupe pas un pays avec des divisions blindées... On tient solidement, secrètement, tel point d’intersection des grands courants telluriques, tel champ de forces privilégié.... Domme par exemple ! Domme... qui est un son primordial ! Telle zone de résonance d’où il est facile de peser efficacement sur le mental humain. Domme.... cette immense Acropole rocheuse creusée d’infinis couloirs à Cristallisations ! Il y a dans mon caractère un sens très sûr des points qu’il faut « tenir » àl’heure de la revanche. Ecoutez les premiers pas du Sur-Homme : une espèce nouvelle s’annonce qui va refouler le Petit Homme Actuel. Le Monde doit perpétuellement se rajeunir par l’écroulement des âges périmés ; la Création n’est pas terminée ; l’Homme nettement à une phase de métamorphose ; l’Actuelle espèce humaine est entrée déjà dans un stade de dépérissement et de survivance ; toute la force créatrice de cette région de l’Univers va se concentrer sur une nouvelle Race. Les deux variétés évolueront sur une nouvelle Race. Les deux variétés évolueront rapidement ; l’une deviendra toujours plus grégaire, plus conditionnée, plus servile ; l’autre s’épanouira. Elle dépassera infiniment l’Homme Actuel. Le temps est venu des provocations, des agressions fussent-elles très secrètes , car il approche le moment de l’affrontement décisif entre l’Homme Résiduel et la Race, mieux douée mentalement qui va lui succéder.

L’homme ne peut continuer à être un « produit de série », issu de n’importe quel couple qui procrée en pensant à autre chose : la Nouvelle Race sera contrainte de ne tenir que « homme » que le produit raisonné d’un couple conscient ; déjà en cours de mutation favorable. Un reclassement est déjà commencé ; il y a une humanité véritable en cours d’apparition, douée des organes psychiques qu’il faut pour revenir à l’Univers des Astres ; il en est une autre qui n’est plus qu’une apparence, une humanité résiduelle, sordide, bassement terrestre, humaniste, irrémédiablement condamnée, coupée de l’Univers-Vivant, en partie par la faute du Christianisme qui n’a jamais été que la copie maladroite et frauduleuse ds grandes Initiations.

Il approche le Retour à la Religion Primordiale interdite : celle de l’Univers-Sacré, divin, de la Lumière ; la Religion des Astres, mémoire vivante de la très calme Eternité ; la Connaissance des Charmes et des Forces, Sciences plus chargée d’avenir que le pauvre enseignement de Jésus.

Nous allons vers une civilisation totalement « différente » ; les Hommes sont en relation magique avec l’Univers, mais ils l’ont oublié : la prochaine mutation de la race humaine créera dans toutes les ethnies, sans exception aucune des êtres conscients de cette relation avec le Cosmos-Vivant qui est Dieu. En vérité, je vous le dis : vous n’irez pas à la Conquête du ciel, toujours plus avant dans la tranquille nuit de l’Espace en emportant dans vos bagages Jésus de Nazareth ou le Matérialisme Historique !

Les philosophes, les religions sémites s’achèvent ; elles ne sont que le souvenir dégénéré de cette fonction primordiale de l’esprit : participer à l’Energie Universelle !

L’humanité vient de plus haut et de plus loin qu’elle ne croît, et un prodigieux destin lui est encore réservé. Un destin que ne saurait concevoir l’homme ordinaire, l’Homme trop humain qui ne pourrait en supporter la vision. Ce destin sera celui de l’Homme du Verseau dont Nous allons accélérer l’apparition : il accédera à un niveau supérieur de conscience qui peut aller jusqu’à la suppression de l’Histoire, par l’éclatement de la notion d’Espace et de Temps, au profit d’une intégration et d’une participation définitive à la mémoire profonde et à l’existence sans fin de l’Univers-Divin : figure splendide de l’Etre dans sa totalité.

Il retrouvera le sens de l’épopée universelle ; et il sera capable de faire la distinction entre les opinions de l’Homme Vrai, et celles de l’Homme esclave, égalitaire et sottement démocrate. Comme moi... Il devra lui aussi mentir, se cacher quelque temps, ruser sans cesse, haïr le Petit Homme, le tromper habilement, ne tenir aucun compte des Lois de l’Homme résiduel ; il lui faudra dissimuler qu’il est « déjà différent » des autres hommes.

Une mutation est en cours... La science admise en Occident, comme d’ailleurs la religion Judéo-Chrétienne et l’Islam qui y trouvent des complicités, est une conjuration qu’il faut briser. C’est une conjuration contre le sens de l’épopée et du magique qui réside au cœur de l’homme fort, une vaste fraude qui ferme à l’Humanité les portes de son Passé et de son Avenir, qui l’ampute de ses origines, de son destin fabuleux, et qui la prive de son dialogue avec l’Univers ! Mais elles s’ouvrent les tombes mal scellées par le Christ de Yahvé ! Le mythe Judéo-Chrétien a été imposé aux consciences pour chasser un mythe plus puissant et plus révélateur : quand l’humanité était plus fraîche, plus proche de son passé, au temps où nulle conspiration bien ourdie ne l’avait encore dépossédée de sa propre mémoire, elle savait qu’elle descendait des Dieux, qu’elle était d’origine extra-terrestre ! Mais il revient l’Homme Vrai du Plan Divin. Il changera la surface de la Terre pour un millénaire et donnera un sens nouveau àl’aventure humaine ! L’homme ordinaire, l’homme incapable de mutation disparaîtra ; ce n’est qu’une larve, et le Dieu des Chrétiens n’est qu’un pasteur de larves : venez à moi vous tous qui êtes fatigués de l’existence, et Nous n’avons que faire des opinions du charpentier de Nazareth.

Quelques exemplaires de l’Homme Nouveau existent déjà dans toutes les ethnies, sans aucune exeption : la Terre, depuis son entrée dans le Verseau a pénétré dans une Zone de radiations provoquant des mutations favorables, dans toutes les races ; nous allons vers des mutations qu’aucune National-Socialisme ne saurait revendiquer : il n’y a pas une Race des Seigneurs, mais l’apparition largement répandue d’une race au psychisme déjà différent, nettement supérieur à celui de l’Homme Actuel. Aucune ethnie n’est exclue d’un phénomène humain généralisé, en cours d’élaboration, à commencer par les Juifs, maintenant très éloignés de la religion de Moïse, et qui appartiennent à l’élite de la Race Blanche.

Une fois de plus, Nous allons façonner l’Homme à Notre Image : l’homme du Verseau. Il rejettera de la nouvelle humanité ce qui appartient à une mentalité condamnée. Nous allons l’aider à réintégrer d’antiques pouvoirs, par Notre présence, discrète, secrète. Nous allons le ramener àl’Univers des Astres. En cette fin du XX éme siècle, c’est le seul « travail » digne de ce nom ; le reste appartient aux morales, aux aliénations collectives, aux Lois, au vent.

L’Homme va reprendre conscience de sa présence parmi les forces cosmiques, où tout retentit sur tout ! Il va renouer le contact avec des connaissances oubliées ; déjà son âme s’agrandit aux dimensions de l’Univers. Le Petit Homme Actuel disparaîtra, remplacé par une race nouvelle voulue par Nous. La fausse route de l’esprit, c’est l’abandon pas l’homme de sa vocation stellaire ; il est achevé le temps des religions sémites : l’Homme revient à l’Univers-Divin."

François Augièras Domme ou l’essai d’occupation Les cahiers rouges – Grasset p. 135 (rédigé vers 1965 publication posthume )


Par Roberto Zucco - Publié dans : Amitiés stellaires (mon coin lecture).... - Ecrire un commentaire - Communauté : les cafards associés
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